Espace Urbanisme
Foncier · Délégation de service public

Définir,
borner,
garantir.

Le Géomètre-Expert est le seul professionnel habilité par la loi à fixer définitivement les limites de la propriété foncière. Une mission de service public, exercée sous serment.

Une délégation de l’État

Le foncier,
une question
constitutionnelle.

Compte tenu du caractère constitutionnel du droit de propriété, dont les Géomètres-Experts définissent l’assiette et les droits qui lui sont attachés, l’État leur a délégué — par la Loi du 7 mai 1946 — trois prérogatives régaliennes : autoriser l’exercice professionnel, en contrôler la qualité, et rendre la justice disciplinaire.

Concrètement, nous garantissons à nos clients les limites de leurs propriétés (ce que ne fait pas le cadastre, contrairement aux idées reçues) conformément aux actes, aux signes de possession et à la réalité des lieux. Notre intervention prévient les litiges futurs et contribue à résoudre ceux en cours. Nous sommes les garants d’un cadre de vie durable.

Loi n° 46-942 du 7 mai 1946 — Article 1ᵉʳ

« Le Géomètre-Expert est un technicien exerçant une profession libérale qui, en son propre nom et sous sa responsabilité personnelle, réalise les études et travaux topographiques qui fixent les limites des biens fonciers et, à ce titre, lève et dresse, à toutes échelles et sous quelque forme que ce soit, les plans et documents topographiques concernant la définition des droits attachés à la propriété foncière. »

01 · Bornage & reconnaissance des limites

Trois voies,
une seule
limite définitive.

Conformément à l’article 1ᵉʳ de la Loi de 1946, le Géomètre-Expert est seul habilité à fixer de façon irrévocable les limites d’un terrain. Trois procédures, selon le contexte : amiable dans la majorité des cas, judiciaire en cas de conflit, ou administrative face au domaine public.

Plan / schéma : bornage amiable

Bornage ou reconnaissance de limites amiable

Le Géomètre-Expert étudie la configuration, les titres de propriété, les archives et présente ses travaux aux riverains. Il dresse le procès-verbal de bornage mais n’oblige personne à le signer.

Mode normal et privilégié : généralement, un des riverains a un projet de construction ou d’extension ; il mandate le Géomètre-Expert pour fixer définitivement la limite afin de s’assurer que son ouvrage ne dépassera pas chez le voisin et que les prospects du PLU sont respectés.

Réunion contradictoire sur les lieux, examen des titres, des plans d’archives, des signes de possession et recherche des marques anciennes — le tout consigné dans un procès-verbal signé par les parties.

Effet juridique

Le procès-verbal signé est définitif et opposable à tous. Les bornes implantées ou les limites reconnues définissent la limite à perpétuité.

Base légaleArt. 646 du Code civil · « Tout propriétaire peut obliger son voisin au bornage de leurs propriétés contiguës. »
02 · L’acte foncier · PV de bornage - PV3P

Le procès-verbal,
pièce maîtresse.

Le procès-verbal de bornage, ou PV3P dans le cas de la propriété publique, est l’acte foncier qui fixe la limite. Sa rédaction obéit à des règles strictes définies par le Recueil des Normes Ordinales sur l’Acte Foncier.

Identification des parties et des parcelles

Adresse, références cadastrales, contenance, titres et chaîne de propriété.

Analyse des lieux et de la possession

Examen de la possession, des marques anciennes, des us et coutumes locaux.

Examen des titres et du cadastre

Titres antérieurs, plans cadastraux (Napoléonien et actuel), interventions précédentes.

Analyse expertale et raisonnement

Cheminement intellectuel ayant conduit à la définition de la limite — c’est l’âme du PV.

Constat de l’accord des parties

Recueil de l’acceptation de chacune des parties sur la limite proposée.

Implantation des bornes ou repères

Description de chaque borne, repère, point implanté — coordonnées Lambert 93, dimensions, matériau.

Plan de bornage annexé

Représentation graphique opposable, signée par les parties.

Versement au RFU dans Géofoncier

Publication du Référentiel Foncier Unifié — opposabilité aux tiers.

RFU · Géofoncier

Chaque opération foncière est versée par le Géomètre-Expert au portail ordinal Géofoncier, qui constitue le Référentiel Foncier Unifié national. Le RFU rend la limite consultable par toute la profession et par les notaires, et matérialise l’opposabilité du bornage aux tiers. Une carence totale est la seule cause de dispense ; elle donne alors lieu à un procès-verbal de carence et à une requalification de l’opération.

03 · Études d’appartenance de mur · Mitoyenneté

À qui
appartient
ce mur ?

En milieu urbain dense, le bornage classique est rarement recevable : dès que deux bâtiments se touchent de part et d’autre de la limite, c’est la question de la mitoyenneté du mur séparatif qui se pose. Elle conditionne tout projet d’appui, d’exhaussement, d’isolation par l’extérieur ou de surélévation.

Bien que classée au titre des servitudes dans le Code civil, la mitoyenneté n'en est pas une. La Cour de cassation l'analyse comme un « droit de propriété indivis dont deux personnes jouissent en commun » (3ᵉ civ. 20 juillet 1989). Trois conditions cumulatives sont requises :

  1. Contiguïté — Les héritages doivent être physiquement contigus.
  2. Deux propriétaires distincts — Pas de mitoyenneté entre deux fonds appartenant à un même propriétaire.
  3. Un mur — pas un plafond — Construction verticale en maçonnerie, briques de verre admises ; les plafonds en sont exclus (Cass. 3ᵉ civ. 8 juin 1988).

Article 653 — Code civil

La présomption générale

« Dans les villes et les campagnes, tout mur servant de séparation entre bâtiments jusqu'à l'héberge, ou entre cours et jardins, et même entre enclos dans les champs, est présumé mitoyen, s'il n'y a titre ou marque du contraire. »

Pour un mur entre deux bâtiments, la mitoyenneté est présumée jusqu'à l'héberge — c'est-à-dire jusqu'à la hauteur du bâtiment le plus bas, augmentée de 16,5 cm (le solin de la coutume de Paris).

Trois modes d'établissement
Schéma : mur conçu mitoyen

Mur né — ou conçu — mitoyen

Avec l’accord des deux riverains, construit à cheval sur la limite.

Le mur est édifié sur la limite séparative avec l’accord des deux propriétaires. La construction peut être à frais communs (présomption suffisante de mitoyenneté — Cass. 3ᵉ civ. 4 janv. 1973) ou aux frais exclusifs d’un seul : on dit alors qu’il est « né mitoyen », et le voisin se réserve le droit de racheter sa quote-part lorsqu’il voudra s’en servir.

En l’absence d’accord du voisin, la construction à cheval sur la limite est une voie de fait et peut conduire à la démolition.

Base légaleConvention · Cass. 3ᵉ civ. 4 janvier 1973
La preuve de la mitoyenneté · trois voies hiérarchisées

Par titre

Acte notarié, jugement, acte sous seing privé signé des deux propriétaires. Le procès-verbal de bornage vaut titre recognitif. Preuve absolue : le titre l’emporte sur les marques contraires.

Par possession

Possession trentenaire ou abrégée par juste titre et bonne foi : pose de poutres dans le mur, incorporation de canalisations, appui de constructions. La simple construction légère ne suffit pas.

Par présomption

L’article 653 institue la présomption générale de mitoyenneté pour tout mur de séparation. Les marques de l’article 654 (chaperon, filet, corbeau d’un seul côté, pente unique) la renversent.

Effets — droits, obligations & limites
Droit

Appui & enfoncements

Le copropriétaire peut adosser toute construction contre le mur et y enfoncer poutres et solives jusqu’à 54 mm du parement opposé.

Art. 657 Code civil

Droit

Exhaussement

Chacun peut exhausser le mur, à ses seuls frais, sans demander l’autorisation du voisin — mais en supportant aussi les frais accessoires (consolidation, conduits).

Art. 658 Code civil

Obligation

Entretien & réparations

Les frais d’entretien et de réparation sont supportés proportionnellement au droit de chacun sur le mur. La concertation préalable est la règle.

Art. 655 Code civil

Interdiction

Vues et jours

Aucune ouverture — vue ou jour — ne peut être pratiquée dans le mur mitoyen sans le consentement du voisin. À défaut : démolition ou prescription acquisitive de la vue.

Art. 675 Code civil

Faculté

Abandon de la mitoyenneté

Le copropriétaire peut renoncer à la mitoyenneté — mais uniquement si le mur ne supporte pas sa propre construction ni ne soutient ses terres. L’acte d’abandon doit être notifié.

Art. 656 Code civil

Mission du Géomètre-Expert

L'étude d'appartenance de mur.

Avant toute surélévation, extension, isolation par l'extérieur ou construction en limite, nous établissons un dossier d'appartenance et un décompte de mitoyenneté : examen des titres, de l'historique des bâtiments et plans cadastraux successifs, relevé exhaustif des marques (chaperon, filet, corbeau, pente, solin, conduits), analyse de la possession et de la jurisprudence applicable. L'enjeu : la sanction d'un empiètement, même minime, reste la démolition (Cass. 3ᵉ civ. 5 juin 1991, 29 février 1984).

04 · Les autres travaux fonciers

Diviser,
conserver,
analyser.

Au-delà du bornage stricto sensu, le Géomètre-Expert intervient sur toute la chaîne de vie de la propriété foncière : division parcellaire, modification cadastrale, analyse des servitudes, recherches historiques, prescription acquisitive…

Plan / schéma : division foncière

Division foncière

Morceler une propriété en plusieurs entités juridiquement distinctes.

Étude de faisabilité d’une division d’une propriété bâtie ou non bâtie en deux ou plusieurs unités foncières : plan de division, document de modification du parcellaire cadastral (DMPC), bornage des nouvelles parcelles, dossier de déclaration préalable, certificat de numérotage.

Indispensable pour céder une partie de propriété à un voisin, partager un bien dans une succession, ou créer un terrain à bâtir (lotissement).

RéférenceCode de l’urbanisme · DMPC obligatoire

Une limite
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